Les derniers pas dans l’ouest canadien

 

Jeudi 5 Juillet (Retour dans l’ouest Canadien à Edmonton)
Le sentiment est mitigé aujourd’hui. Il faut ré-apprivoiser ma vie en solitaire après avoir passé 3 semaines en groupe, en recommençant à Edmonton. Michel, un ami de Daniel, vient généreusement me chercher à l’aéroport et me reconduire jusqu’à mon van. La chaleur intense qui règne ne me donne absolument pas envie de faire du tourisme. J’en profite donc pour aller m’installer toute l’après-midi dans la fraîcheur d’un parc, avant de m’orienter vers un restaurant en fin de journée, puis un bar. Je voulais aller repérer un endroit pour voir le match de l’équipe de France le lendemain matin. J’y ai été très bien accueilli.

Vendredi 6 juillet – samedi 7 juillet (Edmonton et retour à Jasper)
Le vendredi matin est dédié au quart de finale de l’équipe de France, puis à une visite du centre-ville inintéressant d’Edmonton. Je retrouve Michel pour manger avant de devoir faire une première réparation du van, le système d’air chaud est mort. Michel m’accompagnera pour diriger les réparations, avant de nous séparer. Il m’aura filé un vrai coup de main! Je récupère mon van fonctionnel mais sans air chaud, pars faire les courses des deux prochaines semaines et prend la route en direction de Jasper.

Le samedi, je termine d’arriver tranquillement à Jasper. J’hésitais à partir randonner aujourd’hui, mais le manque de motivation combiné aux nuages noirs finit par me décider. J’en profiterai pour me reposer et faire une bonne sieste de 2h avant d’aller faire du sport en intérieur. Demain sera un autre jour!


Dimanche 8 juillet (22 km – 1000m D+ – 700m D-)
Le choix de la veille a été bénéfique. La motivation de repartir sur les chemins est revenue comme au premier jour et c’est avec beaucoup d’excitation que j’ouvre les yeux pour me lancer dans cette journée. En poussant les rideaux du van, le temps m’apparaît changeant. L’alternance des nuages sombres et du ciel bleu m’indique que je ne risque que quelques averses aujourd’hui, plutôt une bonne nouvelle. Je suis prêt à décoller dès 7h30 car la morphologie de cette randonnée est linéaire. Elle m’oblige donc à faire du stop. Entre parenthèses, il me tardait de trouver une occasion pour le tester ici et sortir des barrières du van. Le point d’arrivée est distant de 40 km du point de départ. Je décide donc de laisser mon véhicule au nord du tracé et de rejoindre le point le plus encaissé de la vallée en stop pour en faire mon point de départ.
Chaque matin, je mesure la chance de pouvoir évoluer dans cet environnement privilégié offrant des tableaux dont la variété des scènes semble être infinie. Impossible de se lasser dans ces décors. À 8h30, la voiture est fermée, le sac à dos se tient droit en bord de route et j’arbore mon plus beau sourire pour faire arrêter une voiture. Un couple se tenant à côté de moi a payé un minibus pour se faire ramasser, 60$ chacun. En me voyant faire du stop, ils me disent, « ah bé nous n’y avions pas pensé »… « Touristes!! ». J’ai à peine le temps de leur dire « dommage, je ne pense pas que cela prendra trop de temps ici », qu’à 8h32, une voiture passée devant moi 1mn avant, a fait demi-tour, et me propose de monter. Ils font le même sentier que moi et laissent leur voiture de l’autre côté. Il s’agit d’un couple de Franco-Hollandais, Patricia et Paul. Le courant passe très rapidement entre nous. Ce sont des bourlingueurs des premières heures, travaillant à leur compte et ayant su alterner vie pro et vie perso comme j’aimerais pouvoir en parler à leur âge (la cinquantaine). Les 40 mn de route ne suffiront pas à nous lasser de nos histoires respectives. Même l’ours aperçu en bord de route ne nous distraira que très brièvement. Au parking du départ, je décide avec leur accord de les accompagner jusqu’à leur camping situé au treizième kilomètre. Il n’est que 10 h, et même en allant à un rythme inférieur, je sais pouvoir avaler les 9 kilomètres supplémentaires rapidement. En l’occurrence, ils avancent très bien. Nous pouvons ainsi continuer de faire connaissance.

Leur rencontre en soi est une histoire pouvant remplir les pages d’un livre. En 1997, Paul a quitté son travail pour partir voyager durant 14 mois à travers le Moyen-Orient et l’Asie. Il rencontre Patricia au Népal, alors accompagnée de son copain de l’époque. Ils ne passeront que 2 semaines ensemble. Puis plus rien pendant plus d’un an. Patricia s’est séparée entre-temps. Paul décide quant à lui d’envoyer une carte postale pour fêter la nouvelle année aux trois Français rencontrés au Népal, sans rien connaître de la nouvelle situation. D’ailleurs, il avait l’adresse de l’ancien compagnon de Patricia. Ce dernier, pas revanchard, prévient Patricia de la lettre reçue. Elle lui demande de la lui transmettre… la suite vous pouvez vous en douter. Je n’arrive cependant pas à connaître le fin mot de l’histoire : est ce que Paul a envoyé cette lettre dans l’objectif de revoir spécifiquement Patricia, ou l’a-t-il envoyé de manière totalement désintéressée ? Chaque histoire à sa part de mystère qu’il est bon de conserver secrète…
C’est vraie que les rencontres au cours des voyages hors des sentiers battus ont quelque chose de plus lorsque tu les écoutes. Tout d’abord, elles prennent naissance dans des environnements étrangers faisant par nature, travailler l’imaginaire. Et surtout, elles sont souvent accompagnées de petites anecdotes pigmentant d’un cran l’histoire, riche en aventure et hasards. Mais, hors des sentiers battus, à la manière des sensations vécues, les rencontres ne peuvent se faire autrement qu’empreintes d’authenticité. Lorsque vous êtes en train de marcher depuis des jours, vos artifices ne sont pas à l’honneur. La personne en face se révèle, au moins physiquement au naturel. Mais les langues se délient également plus facilement sans vouloir faire ici de jeu de mots… Après tout, il y a beaucoup plus de chances de ne jamais se revoir. Moins de quantité, plus de qualité. En tout cas, c’est ce qui se dégage de leur histoire 20 ans après leur première rencontre. 3h durant, nous allons en balayer des sujets : voyage, politique, travail, vie… Nous en oublierions presque, je dis bien presque de regarder les paysages nous entourant. Et au moment de se dire au revoir, les mails ont déjà été échangés. Je suis généreusement invité aux Pays-Bas, quand je le souhaiterai. La réciproque est vraie pour la France. Voilà ce que j’expliquais juste avant sur la qualité et l’authenticité des rencontres. 4h suffisent à se  dire « bienvenue chez nous, quand tu voudras ». Pensez-vous donc toujours que le voyage en stop est dangereux ? Gardez-vous toujours l’image répétée que les médias nous montrent d’un monde toujours plus insécuritaire, dénué d’humanité ? Combien de fois au cours de ce voyage aurais-je compté ce genre de situation, avec des personnes d’âges et de nationalités très différents ?? Une fois de plus, c’est en sortant de mon confort du van que j’ai pu vivre cette rencontre. Le rendez-vous est donc pris aux Pays-Bas.

Je reprends cette fois ma route en solitaire, dans un décor de prairies alpines superbes.

Chanceux, je passerai également entre les gouttes aujourd’hui. L’abondance des moustiques m’obligera cependant à terminer ma fin de journée sous la tente. Moustiques – 10 / Amaury – 0. Leur voracité et rapidité sont hallucinantes!! Je fermerai les yeux sur cette nouvelle excellente journée avec le bruit de la rivière et des oiseaux en fond. Un dimanche soir sur la terre de privilégié !!

Lundi 9 Juillet (33 km – 1500m D+ – 1800 m D-)
En ouvrant les yeux ce matin, je peux ressentir un air glacial sur mes narines. Les moustiques ont disparu certainement frigorifiés par les températures. En passant ma main au-dessus de mon duvet, celui-ci est trempé, humidifié par la pluie nocturne et le cours d’eau en contrebas. C’est un de ces matins pour lesquels tu n’as pas envie de t’extirper de la chaleur de ton duvet. Il est 7h et je sais qu’une grosse journée m’attend. La première supérieure à 30 km depuis la Nouvelle-Zélande. Et avec pour ne rien enlever, ce que nous allons appeler un peu de dénivelé. Alors tu serres les dents et exposes ton corps à la rigueur de l’atmosphère extérieure. Tu exécutes tes tâches avec vigueur. Mais même en vitesse, mes doigts se retrouvent congelés au moment de démonter la tente humide et froide. En quelques minutes il m’est devenu difficile de les plier. Toute mouillée, la tente doit peser près de deux fois son poids, mais je n’attendrai pas le soleil ce matin. L’avantage est qu’après avoir décroché mon sac de nourriture, je peux profiter d’un petit déjeuner sans moustique.

Le temps est quant à lui au beau fixe, facilitant bien sûr l’affront du froid. Je ne traîne cependant pas afin de trouver au plus tôt les rayons du soleil. Ils me sont cachés par les sommets, alors j’entame ma journée énergiquement pour rapidement gagner en altitude. Je rejoins le col franchi la veille pour rejoindre mon camping, et regagne le tracé de l’autre côté. Tout est calme, endormi par la rigueur de la nuit. Il faudra attendre que les rayons du soleil s’intensifient pour que le décor reprenne vie. De quoi me distraire dans mon interminable marche en avant. Au détour du chemin une marmotte se la coule douce, elle est en train de se réchauffer. Je détourne le regard de l’avant pour profiter du spectacle, juste le temps de passer un premier panneau tandis qu’un second 10 m plus loin indique un camping 1 km en contrebas. C’est ce dernier que je voie et sans réfléchir plus que cela, je me dis que tous les campings sont le long du chemin « c’est sûr ». Je descends donc et arrivé en bas, le sentier est indiqué en sens inverse à 1 km. Dommage…. je me suis donc rajouté 2 km et une bonne centaine de mètres de dénivelé positif et négatif pour rien. Pas de quoi risquer faire changer le moral de la journée. Je m’assieds 10 mn le temps de manger un peu, puis reprends la route, la bonne cette fois. Le chemin continue de s’élever devant moi jusqu’à passer des ponts de neige en atteignant le col à 2500m d’altitude. Ce dernier permet de passer du côté de la vallée menant sur Jasper. Le panorama sur les sommets environnants est encore à couper le souffle !

D’autant que je vais suivre la crête offrant des vues plongeantes des deux côtés de la vallée. À cette altitude, tout ce qui m’entoure n’est plus que minéral, les traces de vie sont réduites, seul le vent résonne dans les oreilles. Le reste n’est que silence, calme et paysages paisibles. Je passerai encore un petit moment assis à profiter de ce lieu ressourçant avant de reprendre la route. Je serpente lentement pour redescendre dans la vallée, traversant les rivières naissantes perchées dans les montagnes, pour finalement regagner la forêt. Les neuf derniers kilomètres seront terribles en raison des moustiques. Pour la première fois de tout mon périple, je me sens comme un bon steak grillé, servi à point. Ils sont tellement voraces que même en marchant rapidement, ils arrivent encore à se poser et me piquer. Je suis obligé de passer ma main sur mes mollets et épaules toutes les 5-10 secondes, le tout en continuant d’avancer fort. Je parcourrai ces 9 km en 1h30 au pas de course, soit un bon 6 km/h de vitesse de marche, non pas pour éviter les piqûres mais pour les limiter ! À la vue du parcours de la journée j’arrive au van exténué et prends directement la direction de la piscine pour prendre une douche et détendre la fatigue musculaire dans le sona. En sortant de celui-ci, je suis mort, vide d’énergie et n’ai plus envie que d’une chose, manger un peu et me coucher. Tant et si bien, que j’en perdrai ma carte bancaire après avoir payé le camping (certainement laissée sur le capot avant de me rendre jusqu’à mon emplacement). Moralité : « Même fatigué, prend garde à bien ranger! »….


Mardi – Mercredi (Administratif et route vers le parc National de Yoho)
Comme le dit le dicton : « les emmerdes n’arrivent jamais seules ». Mais je préfère comme ça, tu t’y mets une bonne fois et on n’ en parle plus. Alors entre les matchs de demi-finale de coupe du monde, je mène les dernières recherches de la CB et m’occupe d’en demander une autre, contacte à plusieurs reprises l’assurance pour trouver un garage ouvert afin de réparer un accroc sur le pare-brise, constate une surfacturation du téléphone supérieur à 100€, mais pas de quoi retirer la bonne humeur. Les voyages au long cours impliquent à un moment ou à un autre des petites galères. Ce sont les premières depuis mon départ et elles sont mineures; pas de quoi entraver très longtemps mon avancée.

Je repars donc dès le mercredi après-midi direction Yoho, à nouveau par l’une des routes les plus scéniques au monde entre Banff et Jasper que j’avais empruntée en sens inverse début Juin. Pour ne pas terminer ma journée que sur une touche routière et administrative, je m’arrête en fin d’après-midi au lac Moraine. Juste de quoi remettre quelques étoiles dans les yeux pour revenir sur les sentiers. Je passerai la nuit à l’entrée du parc de Yoho prêt à le parcourir.

Jeudi 12 juillet (20 km – 700m D+ – 700m D-)
Je commence ma journée assez tard, je m’habitue à prendre mon temps le matin. Je rejoins aujourd’hui un sentier s’appelant « iceline » : « la ligne de glace » dont le nom évocateur m’a rapidement permis de faire le choix de mon itinéraire. Il se trouve que le point de départ est à proximité de la deuxième plus haute chute du Canada. Cette journée promet d’apporter son nouveau lot de découvertes. Je parcours les sept premiers kilomètres en longeant la rivière Yoho, donnant son nom au parc national. Par moments, au gré d’un léger vent, il m’est possible d’apercevoir entre deux branches d’arbres le colosse de glace donnant naissance à cette rivière. Mais je laisse ce dernier pour une autrefois peut-être et bifurque en direction du lac Céleste. Avec ce dernier, je gagne en altitude. Il est niché au milieu des sapins et des tapis de mousse, qui semblent atténuer tous les sons tant l’endroit est paisible et silencieux. Il me semble capturer un de ces moments où la nature te demande par son silence, de t’asseoir et de prendre le temps de savourer l’instant. Je m’exécute sans me faire prier.

Après quelques minutes allongé, je reviens sur le tracé pour terminer la montée. La végétation rétrécit inexorablement, l’inorganique prend le dessus. L’horizon, lui, se révèle peu à peu. Sans m’arrêter, je monte au sommet de cette gigantesque moraine longeant tout le flanc de la montagne.

Je me retourne enfin, découvrant un nouveau décor de carte postale. J’ai l’impression de me répéter d’une rando à l’autre, mais la combinaison forêts, rochers, glaciers est tout simplement grandiose.

 

Les sommets se succèdent à perte de vue et dessinent des lignes d’horizon différentes d’une journée à l’autre. D’autant qu’aujourd’hui, la perspective est entrecoupée par une cascade à donner le vertige.

De quoi remplir en image ma fin d’après-midi.
Je rejoindrais la ville de Golden avec le maintenant traditionnel passage par la piscine. À côté de celle-ci se trouve une salle de curling. Je n’en ai vu qu’à la TV et aimerais pouvoir découvrir l’intérieur. Une personne s’active à sortir des choses de la salle. Je m’avance pour lui demander si je peux entrer histoire de voir à quoi ça ressemble. Elle me répond que le gérant arrivaiit justement parce qu’elle a oublié ses clés et donc qu’il faudra voir avec lui. Après 10 mn, ce dernier arrive et elle me présente. Il se trouve que la personne me rachetant le van est un ancien pro de la discipline, cela me donne une bonne accroche. J’aurais le droit aux explications et à la visite complètes, mais je ne pourrai pas tester, ils n’y jouent qu’en hiver et ne conservent pas la glace en été. Je me couche sur une nouvelle journée bien remplie prêt à me diriger vers le parc national des glaciers.

Vendredi 13 juillet (15 km – 1000m D+ / 1000m D-)

Après avoir fait réparer l’accroc de mon pare-brise, j’entre dans le parc des glaciers en fin de matinée. Le nombre de randonnées y est limité mais une d’entre elles m’est conseillée. Je la débuterai après manger.
Je sais que le parc est aussi reconnu pour ses grizzlys, et, au départ de la rando, des panneaux affichent des avertissements, « deux grizzlys adultes, dont une mère ayant deux petits, sont présents sur tel territoire (autour des rivières présentent en départ de parcours), et ont déjà montré des comportements agressifs auprès d’humains. »
Bon, bon, bon… que fait-on dans ce cas-là lorsqu’on randonne seul? Demi-tour certainement, serait le plus prudent. Je préfère raisonner par étapes. Je prends le temps d’observer un peu. Je ne suis pas seul, il y a pas mal de voitures, car c’est le point de départ de plusieurs chemins, donc même s’il est tard pour débuter (12h30), il doit y avoir du « monde » sur la partie basse, autour des rivières où se trouve leur territoire. Deuxièmement, penser à ne pas perdre de temps pour ne pas rentrer tard au risque qu’il n’y est, cette fois c’est sûr, plus personne. Troisièmement, attendre de voir si des personnes s’y lancent.
Un couple se met en route. Ni une, ni deux, je me mets à leur rythme plusieurs dizaines de mètres derrière. Oui mais voilà, après 10 mn, ils ne prennent pas la direction que je souhaitais. Nouveau dilemme, mais je me décide à y aller, convaincu que ce choix reflète mon tempérament dans la vie de tous les jours. Tout est toujours question de risque face à un obstacle. Je ne suis pas du genre à reculer, mais je ne suis pas non plus du genre à foncer tête baissée. J’ai étudié les attitudes à avoir et me suis équipé pour me défendre alors oui, ça peut être risqué, comme finalement chacune des marches que je fais depuis huit mois.
Après 500 mètres, je croise de nouvelles personnes assises, passe devant et ne reverrai plus personne jusqu’au sommet. Bien sûr que je n’en mène pas large dans cette végétation épaisse. Je me force donc à faire beaucoup de bruit pour que l’on m’entende de loin, très loin, même malgré le bruit de la rivière. Après quelques kilomètres, le chemin s’élève et fait disparaître le vacarme incessant des eaux. Il me permet alors de réduire l’intensité des vocalises. En dépassant la limite des arbres, je peux enfin redescendre mon attention et me focaliser pleinement sur ce qui m’entoure. Je parle souvent d’intensité comme décuplant les émotions. Alors oui, le piment ressenti pendant mon ascension combiné aux vues extraordinaires des sommets valent bien tous les canapés, tous les murs, toutes les routines les plus sécuritaires du monde.


D’autant qu’en haut, je rencontre une famille d’Allemands : Udo, Tina et Tanja. Nous échangeons pendant près d’une heure sur les deux heures passées au sommet, tant et si bien, que je redescendrai avec eux. Encore une belle histoire à vous raconter…

Nous prendrons les devants avec Tanja (22 ans), ses parents étant un peu plus lents. Une fois tous en bas, ils me convient à les suivre, ils connaissent une super place où se garer à l’entrée du parc. Faut dire qu’ils ont le van version cinquantaine, c’est-à-dire un camion tout terrain avec lequel Udo et Tina voyagent depuis 4 ans maintenant. Tanja vient les rejoindre lorsque ses études de vétérinaire lui laissent un peu de temps. Ils peuvent passer partout avec ça, il est génial leur camion, ce sont eux qui l’ont complètement imaginé avant de le faire préparer spécialement! J’ai un peu peur de ne pas arriver à monter dans le chemin forestier qu’ils empruntent, mais ce dernier est finalement suffisamment en bon état pour que mon van y passe.

Nous nous installons devant un nouveau point de vue magnifique, je suis gentiment invité à manger avec eux. Il aurait quand même été dommage de renoncer à cette randonnée vous ne trouvez pas avec un peu de recul maintenant ? Udo débouche une bonne bouteille de vin locale et ils ouvrent ce qu’ils appellent leur télévision, c’est-à-dire un côté du camion donnant directement sur l’extérieur. À 2,5 mètres de haut, le point de vue se révèle encore un peu plus ! Nous n’en finissons pas de parler jusqu’à près d’une heure du matin, et je me dois de vous partager un peu leur histoire.
Udo est Tanzanien (déjà le pays d’Afrique que j’ai envie de faire par-dessus tout, nouvelle coïncidence !). Tina l’a rencontré là-bas lors d’un déplacement pour son travail (la Tanzanie étant une ancienne colonie allemande il me semble). Udo lui a directement proposé de venir faire le tour du monde avec lui. 18 mois de périples, avec peu/pas de moyens à l’époque. Beaucoup de stop, chez l’habitant, en bivouac…. Afrique, Asie, Océanie, Amérique du Sud. Puis retour en Allemagne, Udo quitte la Tanzanie, dégote un très bon travail, le temps d’élever leurs trois enfants et à 50 ans, ils décident de tout plaquer. Deux ans d’aménagement pour le camion, une belle somme d’argent, et ils décident de l’envoyer au Panama où ils iront le récupérer. Depuis 4 ans, ils ne l’ont quitté que quelques mois au gré de retours au Pays. Je vous fais la version courte là bien sûr mais à nouveau, quelle belle rencontre!! Et quelle très bonne soirée, là encore les contacts sont échangés.

Morale de la journée : si l’obstacle peut être dangereux, s’en détourner sans le jauger ne fait jamais avancer. Mais, à celui qui sait le surmonter en prenant des risques maîtrisés, un avenir dégagé lui sera réservé.

Samedi 14 au mercredi 18 juillet (direction Vancouver, visite de la ville et de ses environs)
Je fais la route pour voir la finale de la coupe du monde à Vancouver. À l’issue de celle-ci, je retrouve Edis et Chloé, la fille de Francine, voisine des amis de mes parents à Montréal. Elle nous a gentiment mis en contact et je les rencontre pour la première fois. Le courant passe bien tout de suite avec les deux. Ils m’ont en prime réservé un tour de Vancouver à vélo où ils vont me guider pendant 2 heures. Ils m’inviteront par la suite au restaurant et nous terminerons par une visite à pied du centre-ville. Ils se sont également arrangés pour que je puisse garer mon van dans leur sous-sol et m’éviter ainsi le casse-tête du parking en centre-ville. Quel accueil! Il est vraiment plaisant lorsque tu vagabondes depuis si longtemps, de pouvoir compter sur des gens qui te facilitent  la vie le temps d’une journée et plus, tout en partageant de leur temps et de leurs connaissances sur le lieu où ils se trouvent. Lorsque des inconnus te réservent un tel accueil, ils te ramènent aux meilleures valeurs qui soient : l’échange et le partage. De très bon conseil, ils me donnent des randos à faire dans les environs. Le soir même, je me rendrai une heure au Nord de Vancouver pour randonner le lendemain. Puis retour à Vancouver le mardi pour visiter le musée anthropologique et dîner à nouveau avec Chloé et Edis. Mercredi, c’est le retour pour un mois en France. Je n’ai pas pu résister à rentrer célébrer les premiers mariages d’amis proches combinés aux 18 ans de ma filleule. Il n’y aura donc pas d’Alaska pour ce voyage-ci, mais c’est sans regret que je m’envole pour cette parenthèse française, la vie est encore longue!

12 commentaires sur “Les derniers pas dans l’ouest canadien”

  1. Coucou mon Amo. S’il te plait, ne t’arrêtes jamais de voyager et de nous relater tout ça…c’est trop bon😁😘

  2. Paysages magestueux et grandioses… et l’aventure, la vrai, en plus !.
    Merci encore de partager tes émotions avec nous.
    Et bientôt tu va partager tes découvertes avec 2 autres « randonneurs »!.
    Bon périple à vous trois, on espère des nouvelles…

    1. Et oui, je récupère les anciens à l’aéroport de San Francisco demain, une sacré chance de pouvoir vivre des moments pareils non? Encore merci de suivre tout ça !! Gros bisous et oui bien sûr que vous allez avoir des nouvelles !!! 😉

  3. Rien dans le voyage ne vaut la chaleur des rencontres humaines. Et comme dirait Louise-Ann tu es sacrément « merdeux » en la matière avec toutes ces belles rencontres impromptues et tous ces destins croisés au milieu de la Nature qui nous abrite et des villes de l’ailleurs. Je sais que tu sauras garder chacune d’entre elles présentes à l’esprit comme de précieuses pépites.
    Maintenant bonne marche à Vous au coeur du Yosemite mais n’oublie pas d’embarquer les 2 auto stoppeurs!!!! partis de Chaussidoux vendredi matin et arrivés à SFO vendredi soir. BIZ et à très vite pour poursuivre l’aventure.

    1. Sortie de 5 jours de marche! Douche prise, il ne reste plus qu’à récupérer les deux auto-stoppeurs sextagénère, pas si novice que cela, si ce n’est à la vie de vannier… Tout est prés pour votre arrivé !!!

  4. Ravis d’avoir de tes nouvelles, on a envie de repartir. Grand bol d’air, beaux souvenirs et belle rencontre. Notre périple s’est bien terminé aussi, après Skyline direction l’île de Vancouver, moins sauvage mais belles randonnées aussi. Nous t’attendons à Utrecht et bon vent.

    1. Génial d’avoir de vos nouvelles!!! Et content que vous suiviez cela! Je ne trouvais plus votre mail que j’ai dû laisser chez moi en rentrant en France…
      Je vous écris très bientôt en direct!!
      Super que votre périple se soit bien terminé, de mon côté je viens de finir Yosemite et suis en direction de l’est (Death Valley, grand d canyon…). A très bientôt!!

  5. Et bien !!!!

    Ça donne le tourni tous ces noms de sites légendaires et tes photos…. ouaw ! Magique ! J’ai bien du jurer « putain » plusieurs fois devant tes paysages (c’est pas beau dirait Wendy).

    On s’est raté au téléphone l’autre jour. Ce sera une autre fois ! Bisou

    1. Ce sera pour la prochaine effectivement… C’est effectivement de beaux endroits et je te met au défi pour les prochaines de ne pas en sortir plus que 3… 😉 Des bisous cousin!!

  6. Ouah, je vois ce matin 25 09, que vous êtes arrivés à Yellowstone. Génial. Rien à voir avec ta partie « les derniers pas dans l’Ouest Canadien », mais tu es dans ta succession de séquences d’Aventure Partagée avec tes Parents (encore 1 000 MERCIS pour toutes tes attentions et ta délicatesse, cela restera un moment unique et fabuleux), avec tes Ami(es), donc il est clair que l’alimentation du blog ne peut pas suivre le rythme de cette activité intense où se succèdent tant de paysages diversifiés, tant de sites grandioses plus beaux et plus intéressants les uns que les autres. Avec votre formation universitaire, vous ne pouvez que vous régaler dans tous ces sanctuaires et au milieu de toutes ces archives géologiques. Continuez bien ce voyage d’aventures et de découvertes. Profitez et prenez soin de Vous. Biz à Toi. Biz à Emilie et surtout que tous ses vas-et-vient au dessus de l’Atlantique et entre les 2 continents ne lui fassent pas perdre son bel accent Toulousain!!! A +.

  7. Hello poulet, gros retard de message lol, il me reste le dernier à lire. En attendant je fais les choses dans l’ordre du coup je vois que tu ne t’arrêtes jamais de marcher, au top le momo. J’espère que tout va bien pour toi. La biz et continu de nous faire rêver.
    Et non, je n’ai pas oublié la petite citation:
    Elle est du Dalaï Lama celle la: » Si vous avez l’impression d’être trop petit pour changer quelque chose, essayez donc de dormir avec un moustique et vous verrez lequel des deux empêche l’autre de dormir »
    Je me rappelle t’avoir déjà écrit a ce sujet, je te laisse te souvenir

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