La parenthèse familiale hors norme

Comme promis, je laisse pour la première fois la parole dans ce journal de voyage, en l’honneur d’avoir pu partager un petit bout de ce périple en famille… Régalez vous!!

« Deux autos stoppeurs, AG et Nad ont quitté leur Pays de la Préhistoire le vendredi 7 septembre 2018 à 6 H du matin pour un décollage à 18 H 40 et une arrivée à San Francico le 7 septembre 2018 à 20 H 50, après plus de 11 H d’avion et environ 9 heures de décalage horaire dans les pattes. Encore tout surpris que pour une fois toutes les planètes se soient parfaitement alignées, de surcroît à la toute dernière minute, nous sommes partis le cœur léger, l’esprit libre et les forces décuplées à l’idée de retrouver Amaury et de partager avec Lui un bout de son aventure et de ses découvertes. Mais également, parfaitement conscients d’être des Parents extrêmement gâtés. Le seul regret que nous ayons eu tous les 3 c’est que les obligations d’Amandine et de Benjamin ne leur aient pas permis d’être du voyage et de vivre ce moment unique et privilégié.


Maintenant, qui envisage de voyager avec Amaury doit se préparer à voyager léger. L’essentiel rien que l’essentiel, histoire de bien nous rappeler que contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, on peut parfaitement vivre heureux en se mettant en mode économie d’énergies tous azimuts.

Qui envisage de voyager avec Amaury, doit savoir qu’il a fait sienne cette phrase de Paelho Coelho : « Si l’aventure est dangereuse, la routine est mortelle ». Avec Lui, soyez bien convaincus que l’on ne prend pas de risques en terme de routine. AG, Gilles et Patrick Pompier de surcroît en savent quelque chose. Cela fait 30 ans qu’ils s’épuisent devant cette boule d’énergie et ces articulations toujours en mouvement !!!!

Qui envisage de voyager avec Amaury doit puiser au fond de lui-même cet appel du nomadisme, ce petit brin de folie, ce sens de la collaboration, qui nous ont été transmis de générations en générations depuis les origines de notre Espèce pour aller toujours plus loin,  toujours plus haut et faire tomber les obstacles. En tout état de cause et assurément, il faut être prêt à sortir de sa zone de confort.

Ceci étant dit, AG est parti bien décidé à vivre pleinement son rêve d’Amérique, son chapeau de cowboy toujours vissé sur sa tête lorsqu’Amaury nous a récupéré à la nuit.

Nous nous sommes engouffrés dans son van pour faire progressivement connaissance avec ce « Combi de Caribou » pour reprendre la belle expression de Mathieu.


Samedi 8 septembre (Sans Francisco)

Après une bonne nuit au Travelodge de SF (une première pour Amo depuis qu’il voyage seul, depuis la NZ) et le « Routard » bien en mains, nous sommes partis prendre le petit déjeuner dans le centre ville (Dontown) de San Francisco. L’équipe à la manœuvre était asiatique, super petit déjeuner comme on les aime œufs, bacon, omelettes de toutes sortes. En revanche en parcourant les quelques rues de ce centre, on ressent un sentiment de malaise, devant le nombre de SDF couchés ou assis le long des trottoirs. SDF, drogue et prostitution semblent avoir élu domicile en ce quartier, avec à un moment des paroles fortes qui peuvent laisser penser qu’il y a de l’agressivité entre eux, et un conducteur qui, à travers sa vitre ouverte nous a lancé quelques mots dont nous n’avons pas compris le sens. A cet instant, je repense à la réflexion de Nénée : « Cette société est complètement dénivelée » !!!

La découverte de SF se poursuit par Chinatown, c’est la plus grande communauté asiatique après New-York. Il est vrai qu’ici, on n’a pas de mal à se croire en Chine.On admire au passage le fameux Cable-Car (ce vieux tramway, magnifique, qui gravit les pentes depuis toujours). Ensuite on gare, on « dégare » le van pour s’arrêter sur les points de la route « 49 miles scenic drive » (tour de SF).

*Cathédrale Sainte Mary of the Assumption : Magnifique réalisation contemporaine, riche en béton mais avec un jeu de lumière magnifié par des vitraux étroits, des pans de murs vitrés qui permettent d’avoir une vue plongeante sur la ville, un lustre et un orgue de toute beauté.

*Au détour de nos pérégrinations, nous serons amenés à adapter notre parcours en raison d’une manifestation hippie puis en montant à la Coit Tower, nous apercevrons la Lombard Street, qui serpente dans une pente de 30 %, c’est impressionnant et énorme. Nous ne nous y aventurerons pas. En bas de la Coit Tower, une statue chevaleresque de Christophe Colomb qui a découvert l’Amérique et en haut une découverte de San Francisco à 360 °. En tous points du globe, le temps passe à la vitesse de la lumière, on se dirige vers le port. Sous la vigilance d’Amo, le van est garé à l’ombre, à proximité d’un espace dédié aux exercices extérieurs de musculation et non loin d’un Safeway où nous nous approvisionnerons.

1er pique nique extraordinaire sur un banc entre Le Golden Gate et Alkatraz, toujours juchée sur son piton rocheux mais plus en activité. Nous le prolongerons avec Amo au fil de l’eau, le temps de la 1ère sieste d’AG dans le van, entre discussions, réflexions, réchauffés par les rayons généreux du soleil et distraits par l’importante animation qui régnait dans la baie de San Francisco entre portes containers, course de voiliers, bâteau des gardes côtes, bâteau des Pompiers.


Nous reprenons la visite de SF en nous rendant au pied du mythique Golden Gate où nous traversons une fête multiculturelle : Africaines, Hindous, Américaines croulant de chaleur sous des costumes représentant des arbres et des branches couvertes de feuilles. Intriguée, je me laisse distraire, ce qui vaut à Amo et AG de me perdre. Je les retrouverais au niveau de la jetée, avec quelques remontrances à la clé, mais le courage de ces Femmes dans leurs costumes sous cette chaleur valait bien quelques attentions. Le temps d’un selfie et de plusieurs photos nous repartons devant avec AG, laissant Amaury à sa rêverie, assis sur un bollard, les genoux pliés face au Golden Gate. On avait déjà compris qu’il était rapide l’Oiseau et qu’il aurait vite fait 3 fois le tour de la Terre, alors que nous n’en serions pas au quart du 1er tour !!! Nous retraversons la fête en sens inverse, c’est l’heure de la prière et les corps sont tournés vers la Mecque.

Nous quittons le Golden Gate pour prendre de la hauteur et admirer SF depuis Twin Peaks (petite montagne de 280m de haut). Nous nous arrêtons  pour le point de vue du California Palace of the Légion of the Honor , et là chanceux, nous pouvons visiter gratuitement ce jour là les œuvres exposées et même se poser devant un concert si on en a le goût et le temps. Nous y sommes accueillis par une statue de Jeanne d’Arc, et dans le cour intérieure par le « Penseur » de Rodin. A l’intérieur un très beau buste de Victor Hugo, dans lequel Rodin a parfaitement su retracer la puissance du Personnage. Visite imprévue mais ô combien intéressante.

À la sortie, nous rejoindrons notre Travelodge en sillonnant une succession de grands espaces  au milieu desquels les habitants se prélassent dans le calme, la verdure et l’ombre des arbres. Total contraste avec le début de la journée.

Le pique nique copieux de ce midi additionné à la fatigue de la journée et au décalage horaire nous coucheras dès l’arrivée à l’hôtel sans passer par la case repas. Ça valait le coup d’être souligné pour la famille ROBIN.


Dimanche 9 Septembre (Côte Ouest et route vers Yosemite)

Aujourd’hui nous prenons la direction de la Highway1. Elle borde le Pacifique et rejoint la Ville de Santa Cruz et de Monterey dans lesquelles nous souhaitons faire une halte avant de rejoindre le Parc National de Yosemite.

Pour AG et moi, c’est notre 1er contact avec le Pacifique. À vrai dire, on le trouve gris, triste et brumeux en cette journée nuageuse. De quoi donner aux éperons rocheux couverts d’oiseaux des allures de scènes tragiques. Entre 2 haltes, nous pimentons le parcours en discutant politique. Nous évoquons la stérilité des émissions et des débats télévisuels en France où chacun reste campé sur ses positions, puis on passe au départ de Bernard Guetta de France Inter (il semble qu’il partirai faire le tour de la planète pour trouver des clés à la complexité du Monde et de notre époque. Il est à souhaiter qu’il en revienne instruit et toujours aussi vulgarisateur). Notre discussion s’oriente sur le système électoral US que détaille Amo et qui mériterait d’être dépoussiéré pour ce pays qui se veut champion de la démocratie. Je relaie, avec l’actualité du moment qui est la nomination d’un juge à la Cour suprême.

Soudain, un phare (Pigeon Point Lighthouse) attire notre attention, met un terme à nos réflexions et devient le motif de notre seconde halte. À ses pieds, les vestiges d’une épave d’un bateau naufragé et une auberge de jeunesse, nichée dans une flore rase typique des bords de Mer. Après un tour rapide du lieu, nous repartons, motivés par les moments magiques et uniques que nous sommes entrain de vivre. À peine avions nous fait quelques kilomètres de plus, qu’un Agent de Police fait faire demi tour aux voitures, la route vers Santa Cruz est barrée jusqu’à midi. A l’arrière, je ne m’en fais pas, j’ai mes 2 grands GO, les 2 ont depuis longtemps une grande complicité et sont habitués à fonctionner ensemble. Amo prend l’avantage dès qu’il s’agit de nouvelles technologies et de langues étrangères forcément. Après une rapide concertation, les 2 décident de ne pas attendre et de prendre la déviation. Les choses se sont décidées tellement vite pour moi que je ne connais rien du programme qu’ont arrêté les Zoulous. Aussi, je ne cesserai pas, tout le long du voyage de leur demander ce que l’on fait après, ce qui aura tendance à les agacer et moi à m’amuser car dans le van, avec le bruit, on n’entend qu’une partie des conversations lorsqu’on est à l’arrière. L’avantage est qu’on se fait alors son propre film des discussions en cours à l’avant dont le débriefing porte souvent à rire !!!

Les déviations, c’est indispensable mais qu’est-ce que c’est long !!! Nous voilà en pleine zone forestière, au milieu des narrows roads (routes étroites), avec un habitat plus que clairsemé, on se demande comment les Gens font, pour venir s’échouer là. En revanche le paysage et la campagne sont magnifiques, les arbres vigoureux et à notre grand étonnement les cyclistes nombreux sur ces portions de route non seulement étroites mais aussi pentues et sinueuses. On roule, on roule tout en constatant qu’Amo conduit avec respect son véhicule qui, c’est un hasard, a son âge (30 ans). Les montées sont lentes et les freins sollicités avec précaution dans les descentes. La traversée ayant pris plus de temps que prévu, nous décidons de ne pas nous arrêter à Santa Cruz pour filer directement à Monterey. Le routard greffé au poignet, AG trouve un couple de Français qui fait des sandwitchs. Mais je ne suis pas très emballée, sandwitchs hier, sandwitchs aujourd’hui !!!! Schisme avec AG, lorsque j’aperçois un resto avec des pastas. Alors là, c’est non négociable. Amo se pose en conciliateur. “Nad accepte de dormir dans le van ce soir, on mange ici ce midi”. Le rêve, le meilleur repas du séjour, des calamars, du poisson frais. Suivra une visite rapide de Monterey qui nous aura tout de même permis de voir les otaries se dorer au soleil sur un petit bout de roche et un colibri à l’ouvrage sur un aloès.

De manière à arriver avant la nuit à la porte du Yosemite, nous écourtons notre programme de visite et repartons à travers les routes droites et les paysages interminables de l’Amérique. Ils sont tellement dépaysants et tellement différents de ce que l’on connaît, que l’on se laisse rapidement bercer et surprendre à rêver devant un défilé aussi diversifié. Nous arriverons au coucher du soleil juste le temps de pique niquer sur un muret avec une vue plongeante sur un paysage boisé, éclairés par un flot de voitures qui quittaient le Parc National.

À peine nos bananes ingurgitées, nous voilà remontés dans le van pour dormir, dans un petit endroit à l’entrée du parc, repéré la semaine d’avant par Amo.

Je peux pas dire que j’étais très en confiance. Les bois, les ours, les phares de voitures rares certes, mais j’avais toujours l’impression que quelqu’un allait nous dire de sortir de là !!! De ce point de vue là, les Américains sont cools sauf si l’interdiction est clairement formulée. En 2 temps 3 mouvements, Amo avait mis le van en mode nuit et nous nous retrouvions avec AG prêts à tomber dans les bras de Morphée.


Lundi 10 Septembre (Visite du parc national de Yosemite)

De bonne heure, de bonne humeur même encore tout ensommeillés, voilà ce à quoi ressemblait notre 1er réveil au point du jour, à la sortie du van. Amo met le van en mode jour aussi vite qu’il l’a déplié la veille pour la nuit. Petit déjeuner sommaire : 2 tartines, beurre de cacahuètes (c’est sec !!!), confiture de framboise et compote de pommes (autant dire que rapidement nous deviendrons des adeptes de la compote de pommes !!!). Café en granulés et voilà qu’AG le veut chaud, histoire de simplifier les choses !!! Amo, stoïque, sort son réchaud et s’exécute. Nous voici à l’entrée du Parc de Yosemite. Photo devant le panneau. Il y a toujours une bonne âme autour de nous pour immortaliser l’instant.

Nous faisons un 1er arrêt pour une marche d’environ 1 heure à travers la forêt. Nous commençons par découvrir les boîtes à ours dont nous a parlé Amo qui en profite pour nous rappeler les consignes en présence d’ours. Il nous précise que dans le Yosemite, les ours sont de petite taille et qu’il n’y a jamais d’accident. Plus nous avançons dans notre marche, plus nous descendons, plus nous rencontrons de magnifiques spécimens, séquoïas debouts, séquoïas couchés, séquoïas percés par l’homme mais arbres toujours majestueux qui imposent le respect.

Evidemment, Amo ne pourra pas résister à grimper, courir, sauter sur le plus gros d’entre eux, tombé à terre, et a enchainé plusieurs figures dignes de l’art circassien.

Le clou du spectacle a été de nous faire grimper à notre tour sur une des branches. Inutile de dire qu’il valait mieux qu’il lui reste des forces pour pousser, tirer, récupérer de la branche ses soixantenaires !!! Nous étions descendus, il fallait remonter la pente et là, pour AG, c’est une autre histoire, alors Amo a pris les choses en main le poussant dans le dos tout au long de la montée et ainsi nous avons pu atteindre le sommet avant Noël !!!

Puis, nous avons poursuivi la visite du Parc par un tour de repérage en van. Amaury nous montre, El Capitan une roche en granit de 900m de haut, le Half Dome sur lesquels il avait marché la semaine d’avant avec une Amie américaine, venue le rejoindre. On n’en croit pas nos yeux et on n’est pas au bout de nos surprises !!! Après un 1er tour, nous nous donnons rendez-vous dans 2h. Amo s’élance pour une marche de 12km avec un dénivelé + de 600 m, toujours avec le même look d’enfer !!! les chaussettes qui rejoignent le bermuda, les lunettes qui coincent le buff, mais toujours avec la même énergie. Ceci étant, il se moque aussi du mien avec mes chaussettes hautes et ma jupe courte. Alors fifty / fifty, balle au centre. Pour une fois, le look d’AG n’est pas sur la sellette !!!

Pendant ce temps, nous refaisons un tour avec AG au volant pour la prise de photos en s’arrêtant toutes les 5 minutes tellement on trouve matière dans ce paysage de verdure et de minéral. Nous visitons une petite chapelle construite en 1879. De là, nous cherchons la chute d’eau (200m de haut) sans la trouver et pour cause, elle ne coule pas en cette période, et pouvons admirer le cours d’eau dominé par les falaises qui traverse le parc. À heure dite, vers 14 H, nous sommes tous les 3 prêts pour faire la montée vers Glacier Point (le point de vue qui fait face au Half Dome (2700m) et à toute la vallée. La montée se fait au rythme du van et on ne risque pas l’excès de vitesse. Ce qui est parfait car le paysage est beau et insolite, jusqu’à ce que l’on arrive à la partie brûlée par les incendies terribles dont a été victime la Californie cet été, du fait du réchauffement climatique et dont l’un d’entre eux a justifié la fermeture du Yosemite. Nul doute en voyant ce spectacle désolant que John Muir doit se retourner dans sa tombe, lui qui a tant œuvré et a permis que le Yosemite soit le 1 er site protégé du Monde.

Arrivant sur la hauteur, Amo aperçoit plusieurs voitures arrêtées sur le bas côté et nous précise immédiatement que cela signifie la présence d’un ours. Arrivés à leur niveau, on se rend compte que des Personnes sont descendues pour faire des photos. Amo se dirige vers eux, avec l’intention de crier pour le faire partir mais il se ravise car l’ours est entrain de manger une antilope dans la prairie et cela pourrait être dangereux.

Puis arrivés au bout de la route, le Graal, un point de vue magnifique sur les 2 majestés que sont la vallée et le Half Dome. Vu de là c’est encore plus impressionnant que vu du bas. Je n’ose même plus penser qu’Amaury était la semaine d’avant, au bout de sa marche, perché tout là haut !! Et pourtant si !!! mais j’en ai les frissons dans le dos !!!

On aurait bien aimé observer le coucher de soleil de cet endroit mais cela nous retarderait trop, alors on réamorce la descente (l’ours est toujours là après sa proie et il y a encore plus de voitures arrêtées),  pour rejoindre la Tioga Road qui traverse le parc. Nous y sommes entrés le matin par l’Ouest, nous en sortirons en fin d’après midi par l’Est. Tout au long de la Tioga Road, le spectacle était permanent avec le soleil qui jouait à cache cache dans le paysage minéral, le faisant passer par la même occasion, par toutes les couleurs de la Création. Arrivés au Tuolumne Meadows, nous avons pris le temps de faire une halte dans cette plaine où le soleil commençait à baisser en rougeoyant.

Des étoiles plein les yeux devant ce nouveau tableau, on imaginait ce qu’avait pu être la force du rapport des Indiens avec cette Nature. Nous repartons vers Lee Vining qui domine  Mono Lake. En se garant, un gars style nature, rustique et cool s’approche du van, il le trouve très sympa et échange quelques mots avec Amaury. En attendant, ce combi de caribou sera souvent une bonne entrée en matière avec des personnages au profil particulier ( style farmer, papis nostalgiques, Québécois en vadrouille….) qui n’imaginaient pas que cela roule encore. Manifestement, ils étaient sous le charme de sa résistance et de son grand âge.

Passant notre chemin, on continue notre découverte. Amo nous explique que nous sommes  en ce lieu sur l’un des plus vieux lac d’Amérique du Nord, que Black Point qui émerge du lac face à Nous, est une roche vieille de 1 700 ans qui est issue d’une éruption volcanique, et nous explique que pour alimenter Los Angelès en eau potable, 4 ou 5 des sources qui alimentaient le lac ont été asséchées. Résultat : il a perdu 16 mètres de hauteur et 50 % de son volume, la salinité y a trouvé son compte. Constat dramatique dans cette zone semi désertique.

Après ce 1er contact, on prend de la hauteur et on se pose pour admirer le jeu des couleurs, des roses et des bleus pâles qui se disputent l’horizon et se reflètent sur l’eau du lac. Une image de toute beauté, à couper le souffle.

Très vite et avant que le soleil ne tire sa révérence, nous prenons la direction du camping. Nous stoppons le van, Amo déplie sa tente et nous voilà vite repartis à la station service conseillée pour dîner. L’équipe à la manœuvre est mexicaine. Assurément, le cuistot a une voix qui porte et un ton qui commande mais ce qui me distrait c’est le petit bonhomme tout rond qui manie son balai avec une énergie de colosse et jette un regard interrogateur, pétillant et toujours en mouvement sur les quelques clients qui sont encore là (je n’avais jamais vu un regard comme celui là). Je me suis vraiment amusée à le regarder. Je ne pense pas qu’il aurait aimé que les uns les autres tardent trop, cela tombait bien, personne ne semblait en avoir eu envie.


Mardi 11 Septembre (Mono lake, Bristlecone forest, Alabama Hills)

Le trio a bien dormi et nous sommes frais comme des gardons. Direction la station essence, où nous dégusterons un excellent petit déjeuner. Nous repartons enthousiastes pour découvrir l’autre bord du Lac. Le ciel est d’un bleu immaculé, la luminosité est extraordinaire, un vrai décor de carte postale. Du parking au lac, on suit le sentier qui nous est proposé au milieu des buissons de sauge, sans en dévier pour respecter la flore. Nous arrivons au bord du Mono Lake. Le silence y est absolu, ce qui donne le sentiment d’être seul au monde. Ce bord là est tout hérissé de Tuf Towers. En réalité des concrétions calcaire vieilles de 13 000 ans, provenant de la coalescence du calcaire transporté par les rivières et du carbone présent dans le lac. Belle architecture naturelle. Véritable paradis ornithologique.

Nous repartons en suivant les interminables lignes droites qui bordent la Sierra Nevada pour nous rendre à Big Pine, sur le site des plus vieux arbres au Monde. Comme pour nous permettre de mieux faire corps avec les grands espaces que nous traversions et cette Amérique que nous fantasmons tous un peu au fond de nous, Amo nous avait sélectionné une playlist tout à fait adaptée (musique western, Tenesse de Haliday, Billy Holiday, Buffalo Springfield…..). Puis avec beaucoup de délicatesse, il avait veillé à diversifier le tout avec nos artistes cultes Procol Harum, Cabrel… Enfin, il n’était pas mécontent de nous faire découvrir les textes de Soprano.

Les arbres les plus vieux du Monde se méritent. La montée à travers la Sierra Nevada est longue, raide et lente. Mais où que l’on regarde dans ces contrées, on a le sentiment que tout est magnifié. Arrivés sur les hauteurs, on s’arrête à un panorama et on décide d’y pique niquer. Vu la teneur du PDJ du matin, aucun de nous 3 n’a très faim. Ce sera bananes, crakers, guacamole et pommes. Amo s’élance au bout, investit le banc le plus au bord, suivi d’AG et moi, je suis un peu à la traîne derrière. Amo nous avait recommandé de faire attention aux serpents dans ces espaces semi désertiques. Tout d’un coup, j’entends des sifflements derrière moi qui me suivaient, là, le corps se raidit, l’esprit s’échauffe, la raison se perd et le cri sort de soi tonitruant : un crotale, un crotale. Je ne voulais même pas me retourner, j’étais persuadée que j’allais le voir à 3 pas de moi et que j’allais tomber raide. Et là, mes 2 gardes du corps arrivent tout rigolards, me font confirmer le bruit entendu et me démontrent qu’il s’agit du bruit émis par une espèce de sauterelles. Après coup, mais après coup seulement, j’admets que ce lieu de pique nique valait bien un coup de stress. On n’arrête pas de se dire que nous sommes chanceux et privilégiés de vivre de tels moments, avant de profiter  en silence de ce décor naturel sublime.

Lorsque nos yeux ont fini de se perdre sur cet horizon infini, nous entamons une dernière petite montée pour aller présenter nos respects aux Arbres les plus vieux au Monde, exactement à Bristlecone Pine Forest. Si j’ai bien traduit en ce lieu, Edmund Schulman Professeur à l’Université d’Arizona, le pionnier de la datation des arbres, a conduit les recherches dans ces montagnes blanches pendant plusieurs années pour découvrir le plus vieil arbre vivant au Monde.

Là encore, tellement de choses à voir, tellement de choses à faire, qu’AG sèche carrément les siestes, même en pleine Sierra Nevada, où il fait encore plus chaud. Amo fera la marche la plus longue sur laquelle est mentionné le plus vieil arbre. Avec AG, nous choisirons la plus courte mais irons à pas lents (ça monte dur) pour mieux admirer ces extraordinaires sculptures de bois vivant ou mort, qui ont traversé les âges. Finalement, nous terminerons nos marches quasiment en même temps, Amo juste un peu avant Nous.

À peine le temps d’une pause de quelques minutes et nous voilà en route pour Lone Pine fondée au XIX ème siècle, lors de la ruée vers l’or. Nous voulons profiter du coucher de soleil sur les Alabama Hills qui dominent cette petite ville de l’Ouest et qui ont servi de décor au cinéma dans les grands classiques de westerns . Le timing a été serré, l’occasion pour AG d’étrenner le douche solaire au bord d’un lac. Nous dînerons au bord de ce dernier.

Le repas vite avalé, tout excités à l’idée de mettre nos pas dans ceux des plus grands Cary Grant, Humphrey Bogart, Anthony Quin, Kirk Douglas, Clint Eastwood etcri etcra….. nous repartons à la recherche des Alabamas Hills, où furent tournés près de 400 westerns. Arrivés sur le site, Amo pousse le van, double la poussière !!! Le soleil va vite en affaire, et puisque son coucher ne sera pas pour ce soir, pour ce qui nous concerne, on se met à crapahuter et à courir à la recherche des arches avant que la nuit ne tombe.

Amo d’un côté, AG et moi de l’autre, rien, on ne trouve rien. Amo revient, AG prévient, elles ne sont pas faciles à trouver. Amo se met à droper et d’un seul coup Victoire il en a trouvé une. Avec sa manie, de sauter, de faire le poirier, de monter partout, il est déjà au sommet de l’Arche lorsque l’on arrive et veut bien évidemment nous entraîner en ascension.

Au moment de repartir vers le van, Amo ne peut pas s’empêcher de faire du corps à corps avec un gros bloc de roche en sandales et, arrivé au sommet, de sauter sur la roche jumelle. Stoïque, AG capture l’instant, personnellement, je préfère fermer les yeux.

Sur le chemin du retour, nous en découvrons une seconde, toute petite cette fois-ci, à tel point que nous devons nous mettre à plat ventre pour la photo. En reprenant la route, nous observons plusieurs véhicules semblant installés là pour la nuit. On ne peut pas dire que l’on était emballé par le camping au bord du lac, d’autant que nous devons nous réveiller à 3 heures de la nuit pour arriver à l’entrée de la Vallée de la Mort au lever du soleil. En revanche l’idée de passer la nuit dans ce décor de rêve, avec les étoiles pour plafond et le croissant de lune pour tout éclairage, nous ravit. Ni une ni deux, le van se retrouve transformé en couchages au milieu de ce décor. On s’endort en étant bien convaincu que même en rêve, on n’aurait jamais pu imaginer si belle chambre à coucher. Il y a des soirs comme celui-là, où le van se transforme gratuitement comme le meilleur hôtel 5 étoiles du Monde.


Mercredi 12 septembre (Death Valley et route jusqu’à Wilson).    

3 heures du matin, nous sommes encore tellement sous le choc d’avoir pu dormir en ce point du globe, que nous n’avons aucun mal à nous agiter et à sauter des duvets.

Nous savons que la journée qui s’annonce est un défi. 6 heures de route, des températures capables d’exploser le mercure. Il n’y a pas de place pour l’improvisation dans ces endroits. Il faut porter attention aux Hommes, il faut porter attention au véhicule millésimé !!! 

Après 2 ou 3 heures de route, on attaque la descente de la Sierra Nevada, de nuit. Tout d’un coup en approchant de l’entrée de Death Valley et toujours de nuit, un petit ânon gris apparaît dans les phares et un peu plus loin sa mère. Surprise inattendue et bouleversante car elle nous rappelle la mort de notre âne, 5 jours avant notre départ malgré l’hôpital de champs et 2h d’efforts pour le sauver. Après 26 ans de compagnie, c’est sa larme à l’oeil, 2 minutes avant que son cœur ne s’arrête qui nous a marqué. Alors que je termine ma phrase en disant : c’est un signe que nous envoie Muguet, AG jamais avare de propos optimistes !! réplique : à moins que ce ne soit un appel. En approche de la Vallée de la Mort, il y a mieux pour donner de l’élan !!!!

Après cette séquence insolite, nous voici à l’entrée de la Vallée, qui est l’un des sillons les plus profonds de l’hémisphère Nord. Des petits marqueurs nous indiquent que nous sommes en dessous du niveau de la mer (jusqu’à -86 mètres).          Bref, le jour pointe, on s’arrête et on attend les toutes premières lueurs dans les dunes avant de prendre la direction d’un deuxième endroit où nous souhaitons suivre les rayons du lever.

Soudain,vu le nombre de voitures sur le parking, des personnes sur le point de vue et la sophistication des appareils photos à l’œuvre, on comprend que l’on a atteint notre objectif. Et là, on est face à une pure merveille de la Nature, on est à Zabriskie Point. Face à la force et à la forme des roches, face au jeu des couleurs de notre Etoile sur ce sanctuaire géologique, on est là, assis au bord, devant le vide, dans un silence absolu, comme transporté ailleurs, vers autre chose, on est hors du temps, hors de soi et il faut bien avouer que l’on a du mal à s’extraire devant autant de beauté naturelle. Si il y a un lieu où il faut aller dans la Death Valley, c’est bien là, au moment des levers et des couchers du soleil.

Cela impose d’être au clair avec ses points cardinaux et la course du soleil, mais avec mes 2 instructeurs, là comme ailleurs, je ne prenais aucun risque. Nous avions  toujours le positionnement le plus performant et ils étaient toujours d’accord. A part cela, pas de grand coup de cœur dans la traversée de la « Valley » qui consiste surtout à traverser des mines de borax qui noircissent le paysage, du désert sur lequel on imagine facilement le soleil de plomb, et quelques petits agglomérats (sous forme d’oasis) dont on se demande bien comment les Gens font pour vivre là. Tout compte fait, notre imaginaire avait beaucoup travaillé en amont de la Vallée de la Mort mais en réalité nous en sommes sortis rapidement, poussés par l’arrivée du soleil.

Nous reprenons la route à travers les paysages de l’Amérique qui sont tout, sauf invariants. Ce qui signifie que le temps passe vite. A l’heure du déjeuner, mes 2 GPS décident de s’arrêter dans un restaurant de la mythique Route 66. Le resto en question, impossible de   le rater à Kingman dans son rose et son vert prononcés. Et comme si cela ne suffisait pas, un vieux modèle de voiture américaine d’un bleu pétant avec l’inscription Route 66, assure la pub et appuie la renommée. Impossible de s’ennuyer en patientant, entre le juke box et les portraits d’acteurs (James Dean…), d’actrices (Marylin Monroe….) et de chanteurs (Elvis Presley…), chanteuses mythiques qui tapissent les murs de la salle.Nous sommes en Arizona.

Les Garçons avaient décidés de s’approcher le plus possible de Grand Cayon de façon à n’avoir qu’une heure de route le lendemain matin. Histoire de se refaire une santé, ce sera motel ce soir !!! Ce qui me réconciliait avec la vie après trois jours sans douches !!!!

En quittant le resto, c’est AG qui prend le volant et plus on roule plus il fait chaud, et d’un seul coup on apercevra au loin Las Vegas. Immédiatement ce qui vient à l’esprit : mais que fait cette ville en plein désert du Nevada ? véritable hérésie, véritable offense à l’environnement. On la contourne par le Sud.

La température monte et je pense que c’est la journée où nous avons eu le plus chaud. Autant dire que nous attendions avec impatience l’arrivée à Williams et au Motel prévue vers 16 H.

Les lieux sont style très anglais et complètement investis par des ours en peluche. Il y en a de toutes les sortes, de toutes les couleurs, de toutes les grandeurs sur toutes les marches de l’escalier, sur les lits, sur les armoires, sur les fauteuils… Cette originalité me plaît, les garçons y sont complètement insensibles !!!

Douches, lavage de linge, rangement du van et nos estomacs encore remplis du repas de midi ont eu raison de nos velléités de sortie du soir dans cette petite ville, où on a particulièrement apprécié de se poser, de se reposer et de prendre le temps de faire nos mails. En guise de repas ce sera bananes et/ou crakers et à 20 H ce sera extinction des feux pour AG et moi.


Jeudi 13 septembre (Grand Canyon)

Le petit déjeuner avalé, nous reprenons notre van, non sans avoir rangé les tee-shirts d’Amo qui avaient fini de sécher sur le volant pour l’un, sur le brake à bras (frein à main) pour l’autre. J’ai peut-être entendu 100 fois : c’est l’Aventure !!!  « Souate et Yala » !!!

Nous n’étions plus qu’à une heure du Parc National de Grand Canyon. Organisation parfaite des Garçons. Lorsque nous sommes arrivés devant le panneau d’entrée, nous étions en pleine écoute d’Amo qui patiemment nous évoquait les 4 champs : le champs électro magnétique, le champ de l’interaction forte, le champ de l’interaction faible et à part la gravitation. À cette occasion AG découvrait les gluons. Amo partait sur l’espace-temps lorsque le panneau d’entrée du Parc du Grand Canyon est apparu et a interrompu les explications. Inutile de dire que nos quelques cm3 de cerveaux auront besoin de fortes et longues révisions !!!! Le temps d’un selfie et de quelques photos devant ce panneau d’entrée mythique et nous nous dirigeons vers le parking qui est déjà bondé, à cette heure-ci, les voitures tournent et retournent sans succès. Amo part aux infos, nous gardons le van garé en double, au cas où il faudrait le déplacer, ce qui bien sûr n’a pas manqué. Au retour, Amo nous fait charger les sacs à dos au maximum, il faut tout prévoir eau, pique-nique y compris les affaires de bain car il y a des douches gratuites dans le parc et on ne reviendra pas au van de la journée. C’est l’Aventure !!! Tous les 2 se posent à l’arrière du van sur une pierre et se concertent sur le sens des visites de la journée. Et c’est parti !!!

On arrive sur un 1er belvédère et là c’est un véritable choc émotionnel lorsque nos regards plongent à travers 1 milliards 800 millions d’années dans le passé pour se perdre au fond à 1600 m, dans un filet d’eau, qui n’est autre que le Colorado. C’est de cela dont témoigne ce sanctuaire géologique, cette pure merveille naturelle. Nous le longerons, toujours plus émerveillés et éblouis, tout au long du sentier qui nous conduit au musée. Nous ne nous lassons pas et prenons notre temps. Amo n’a pas son pareil pour imaginer les sauts les plus impressionnants qu’il peut faire. Evidemment et y compris dans ces lieux vertigineux, il ne peut pas résister et demande à AG de prendre la photo et là, il aurait fallu voir la tête du touriste qui se demandait bien ce que c’était que cet énergumène qui déboulait d’en l’air, à quelques pas du vide.

Plus serein, sera le pique nique en haut du Grand Canyon. Là encore et même en rêve, on ne pouvait pas imaginer plus beau décor. Nous nous sentions pleinement heureux et tout à fait chanceux de vivre ensemble des instants aussi rares et aussi magiques.

Le pique nique rangé, nous irons au bout du sentier pour une visite du musée. Nous n’avons pas oublié qu’Amo est licencié en Géologie, aussi nous  profitons pleinement de ses explications et de ses connaissances pour nous aider à cheminer dans le passé de notre Terre et dans la compréhension de l’impact de ses soubresauts et de ses transformations, sur l’Histoire du Vivant et la disparition de différentes espèces. Il nous précise également qu’avec cette formation géologique unique au monde, on peut lire le tiers de l’Histoire de la Terre.
Je ne sais pas si c’est le musée qui a trop fait chauffer nos neurones où si c’est le programme de la journée qui nous fatigue déjà avant d’avoir commencé, mais on décide avec AG d’aller prendre un peu de repos dans le van. Ce sera sieste pour lui et lecture pour moi.

Pendant ce temps, Amo  partira marcher jusqu’à 17 H 30, heure à laquelle nous devons nous retrouver. À 15 H, nous sommes à la gare des navettes avec AG pour faire nos 10 points. Avant même d’être arrivés au 1er, AG se rend compte qu’il a oublié son appareil photo. Et nous voilà partis de l’autre bord, prendre la navette en sens inverse, revenir au van et repartir. Il est vite 16 H, alors on en fera 1 sur 2 et on sélectionnera les essentiels, sans jamais être déçus tellement tout est grandiose, tout est unique.

A heure dite et au point dit on se retrouve avec Amo. Les Garçons se concertent et jugent qu’in fine là n’est pas le meilleur endroit pour observer le coucher de soleil. Nous voilà ré embarqués dans la navette. Cette fois-ci c’est le bon et on est devant un spectacle inimaginable de beauté. Non sans qu’Amaury ait donné un grand coup de stress à tous ceux qui étaient là. Il lui a pris l’idée de passer au dessus de la barrière qui séparait du vide pour qu’AG prenne une photo. Et là j’entendais autour de moi, des NON de partout. Une dame en espagnol lui a dit « tu serais mon Fils, je te mettrai 2 gifles ». Amo lui répond « ma Mère est là ». A vrai dire le souffle coupé, le ventre serré et le corps raidi, je ne savais pas trop où j’étais !!!

Mais la dame a ajouté en espagnol « eh bien, tu n’as pas le droit de faire souffrir ta Mère comme ça ». Elle était tellement bouleversée, qu’elle s’en est éloignée pour ne plus revenir, en laissant son mari sur place. Et lui d’ajouter, elle a le vertige, elle craint le vide.

Le spectacle terminé, on reprend la navette. Il se trouve que j’ai une envie irrépressible de pastas (comme d’hab) et donc on s’arrête au resto du parc. Le repas avalé, la nuit tombée nous prenons la direction des douches. La frontale s’avérera utile pour relier les navettes puis le van. Amo avait repéré un endroit où dormir gratuitement juste à la sortie du parc. Nous l’atteignons en 10 minutes, rejoignant plusieurs véhicules garés. Amo précise Nad va être rassurée, on n’est pas seul à faire ça !!!


Vendredi 14 septembre (Grand Canyon et Monument Valley)

5 heures pétantes, le réveil sonne pour le lever du soleil sur un des points de vue du Grand Canyon sélectionné par Amo et AG. Contrairement à la veille pas de problème pour se garer à proximité des navettes où il n’y a pas foule en cette heure matinale. Nous serons rejoints par 2 Filles emmitouflées puis progressivement par quelques lèves tôt. Après un petit tour de navette schuttle, nous voici sur le site choisi. Amo nous positionne en un point et part sur une avancée, où il partage l’espace. D’où nous sommes, nous suivons sa silhouette. AG commente. Echaudée par sa prouesse de la veille au dessus de la rembarde, je ne regarde pas. Est-ce de l’angoisse ou de l’amour !!!!

Et tout d’un coup le spectacle s’annonce, lentement, patiemment, le soleil monte à l’horizon, en recouvrant les roches de sa plus belle lumière matinale. On reste ébloui, silencieux, fasciné par la force des éléments qui nous entourent, par la magie et les nuances des couleurs. Face à un tel spectacle, nous n’avons pas d’autre choix que de se sentir tout petits et humbles.

Une nouvelle fois, nous aurons  du mal à nous arracher de ce site. Après deux nouveaux arrêts devant des précipices toujours aussi scéniques, nous réalisons que le Gand Canyon est maintenant derrière nous. Mais la route qui nous mène vers Monument Valley sera aussi l’occasion de divines surprises. Nos yeux sont constamment attirés par un paysage changeant, ici une faille, là bas une grande cassure qui brise la plaine en 2, là, les plaines immenses et surchauffées qui se perdent dans l’infini et jusqu’à l’arrondi de la Terre. Nous sommes obligés de nous policer pour ne pas stopper toutes les 5 minutes. Nous nous accorderons cependant un arrêt en territoire Navajo pour examiner de plus prêt la profondeur vertigineuse de l’amont du Grand Canyon.

On reprend la route, on avance, on quitte progressivement cette belle immensité sans voix pour retrouver un paysage plus minéral avec d’un coup des cheminées de fée qui nous rappellent la Cappadoce ou encore un bloc rougeâtre seul, dressé, perdu au milieu de nulle part qui nous fait penser à l’Ayers Road en Australie. Les images se bousculent et notre imaginaire aussi.

Après 4h de route, lorsque Monument Valley s’ouvre enfin à notre regard, nous sommes immédiatement saisi par la beauté du lieu. C’est tout simplement fulgurant. Si un endroit incarne l’Ouest Américain c’est bien celui-là. Assurément c’est un site qui surclasse tous les autres, Amo et AG ne s’étaient pas trompés, nous allions crescendo.
Après la stupéfaction, nous tentons notre chance pour dormir dans le camping situé au cœur de ce sanctuaire. Chance inouïe, il y a de la place, et droit devant Nous se dressent 3 des buttes rougeoyantes de Monument Valley. Comment espérer plus beau décor ?



Aussitôt validé, aussitôt répartis, direction la San Juan River où l’on admire le W majestueux formé par la rivière au Goosenecks Park, le temps de quelques photos et 2 Québécois, Stéphane et Brigitte, en virée à moto, engagent la conversation sur le van.

Ils nous précisent que ce modèle a eu énormément de succès au Canada et n’en reviennent pas qu’il roule encore. Avec nos Cousins Québécois la conversation va bon train et cela fait du bien car qu’est-ce qu’un voyage sans la dimension de l’Humain ? Ils sont basés à Las Vegas qu’ils connaissent comme leur poche. Aussitôt, échanges de mails avec Amo, échange Facebook et c’est parti.

Retour à Monument Valley, Amo se renseigne par rapport au van, il discute avec des Jeunes qui viennent de remonter avec une Mustang, la caisse est basse. Donc Amo en conclut que c’est possible. Et nous voilà embarqués dans le chemin sableux, caillouteux, tortueux en croisement constant avec d’autres véhicules, à l’occasion d’une halte Amo remarque qu’à côté du drapeau américain flotte le drapeau de l’Arizona avec le visage de Geronimo au centre. Il faut toute la dextérité d’Amo et la vigilance de son copilote pour arriver enfin à John Wayne Point. Et voilà pas que là haut c’est moi qui glisse sur le sable et chute; les gens autour ébahis, n’ont pas eu besoin de me relever, j’étais aussi vite debout que je n’ai été par terre. Je les ai remercié, m’en suis tirée avec le genou égratigné.

Pas de quoi en faire un plat. Mais pendant ce temps mes 2 zouaves, ne se sont rendus compte de rien, complètement happés par ce paysage qui rappelle à chaque instant les grands classiques de westerns « la chevauchée fantastique », « la charge héroîque », « la prisonnière du désert »…etcri, etcra. Je les retrouve : Amo, la tête en bas, les pieds en l’air devant son photographe attitré. Infatigable !!! Il n’y a pas de saut à faire, qu’à cela ne tienne, il fait le poirier !!!

Nous étions montés, il fallait redescendre pour ne pas louper le coucher de soleil sur Monument Valley. Une fois encore la programmation était nickel chrome, puisque le van à peine garé, nous étions en pause pour observer le RDV du soleil avec la Lune.

Spectacle forcément puissant et féérique en cet endroit.

 

Le soleil tout juste couché, nous faisons un petit tour par la boutique et sommes parmi la 1ère vague au restaurant où nous est servi un repas tellement copieux qu’il n’est pas question pour nous de prendre un dessert et que nous avons même du mal à finir. Mais la nourriture ne se gaspille pas.

Amo n’a pas son pareil pour repérer les points d’eau. Nous rechargeons nos réserves pour le lendemain et regagnons notre van à la frontale, en observant la Grande et la Petite Ours… C’est le bonheur à l’état pur !!!  


Samedi 15 septembre (Monument Valley et Antelope Canyon)

Nous sommes devenus des adeptes de ces instants de grâce qui nous relient au Cosmos et que sont les levers et les couchers de soleil. Et ce matin, nous sommes particulièrement gâtés, notre chambre à coucher autrement dit, notre van, donne directement sur ce que les Indiens ont nommé « les 3 Sœurs ». Amo a repéré la veille un plateau qui nous permettra d’observer le lever de soleil à la fois sur la plaine et sur Monument Valley. Il n’est qu’à 10 minutes, donc pas besoin de se précipiter ce matin à la différence des autres fois. On peut s’installer sur la table du camping qui est à côté de notre van et est là, à demeure. On paresse devant nos tartines de compote de pommes et notre café froid (je ne dirais pas que l’on a converti AG mais on l’a fait évoluer !!!). On laisse pointer le jour en faisant cliqueter nos appareils photos toutes les 5 minutes, jusqu’à ce que nos silhouettes commencent à prendre un peu de lumière. C’est le signal,on dit au revoir à ce super camping dans lequel on s’éterniserait volontiers.
En 2 temps 3 mouvements, nous voici à l’endroit repéré par Amo. Parfait. Magique. Incroyable. Nous sommes seuls au Monde, dans cette immensité, avec Monument Valley en toile de fond, le soleil monte puissamment et fait apparaître une palette éblouissante de rouges. Nous sommes dans le silence pour ne perdre aucune seconde de ce spectacle magique que nous offre la Nature.

Il n’y a pas une journée qui se passe sans que nous évoquions nos amis Québécois. Avec AG, nous pensons qu’Amaury est extrêmement « merdeux » qu’autant de Québécois se préoccupent de son sort. Alors aujourd’hui, nous avons décidé de profiter de ce moment de solitude et de ce décor exceptionnel pour les mettre en scène à travers les objets qu’ils ont donné à Amo. Il a encore le bidon d’eau et la boîte à savon rose que Daniel lui a passé en Mai (histoire de passer inaperçu !!!). Il a aussi le parapluie siglé Médifice de Marcel. Enfin bref, même en plein désert il ne manque de rien.

Nous profitons de la sortie du bidon pour nous laver les mains, pas n’importe où, consigne d’Amo, au dessus d’une plante afin que cela lui profite à elle aussi. Juste à ce moment là, on aperçoit un 4/4 qui arrive, c’est l’heure pour les Navajos d’investir leur structures en bois et de faire commerce, et pour Nous de prendre la route pour Antelope Canyon.

Durant les 3 heures qui nous séparent d’Antelope Canyon, nous faisons une halte avant de quitter le territoire de la Nation Navajo, pour photographier une roche que j’avais repérée la veille et qui à mes yeux symbolisait un Chef Indien. Puis, au fur et à mesure que l’on avance, on traverse des espaces beaucoup moins marqués par le minéral, qui devient plus ponctuel. Par çi, par là, quelques troupeaux donnent vie à des plaines arides où l’habitat est toujours aussi dispersé et rare.

Bref, en approchant d’Antelope Canyon, un dilemme se pose Upper ou Lower ? ce n’est pas moi qui irait arbitrer, je suis le mouvement. Finalement on s’arrête à Upper, Amo va aux infos, on ré-embarque de suite dans le van pour Lower. Arrivés à Lower : complet. Entre les 2 chacun garde les infos pour soi mais chacun voit midi à sa porte. Demi-tour et nous voilà repartis à Upper à la course. Le temps presse, le prochain départ est à 10 H. Nous patientons au milieu d’une foule de touristes, beaucoup d’asiatiques (chinois, japonais, autres….) calfeutrés pour ne pas prendre le soleil, c’est presque phobique mais à regarder c’est amusant. À l’appel de Robin’s on monte dans un 4/4, le dernier d’une file d’une dizaine mais on ne se plaint pas car le nôtre est couvert. Pour le soleil et la poussière, ce n’est pas plus mal !!! Avec Amo, on est dubitatif, ce moment rompt avec la philosophie du reste de notre séjour. C’est une vraie chance d’avoir fait connaissance avec ce site.

Il a été découvert par une Bergère cherchant à retrouver sa chèvre égarée. Il s’agit d’un long couloir d’une roche lentement sculptée, polie par les eaux. Le temps y a révélé sur une vingtaine de mètres de hauteur, une succession de strates marquées par un panel de couleurs ahurissant. Lorsque les faisceaux de lumière arrivent en plus à traverser toute la hauteur du canyon, il ne manquerait plus qu’à mettre un homme en robe blanche et aux cheveux longs juste en dessous pour croire que Moïse n’a non pas traversé la Mer Rouge mais plutôt Antelope Canyon.

Au sortir de ce dernier, c’est bien un sentiment mitigé qui nous envahit, d’un côté marqué par la beauté indescriptible de ce lieu et de l’autre par la masse de touristes que nous étions à l’intérieur et l’approche exclusivement photographique qui en est fait. Nous recevons plus de conseils sur la manière d’avoir de belles photos que d’explications sur la manière dont la nature a obtenu ce résultat. Tout le monde s’en fout, l’important est aujourd’hui de montrer ce que l’on a vu et de montrer que l’on y était. Les guides ne prennent même plus le temps d’expliquer le reste sans que l’on est à leur extirper les informations. C’est bien que la très grande majorité ne s’y intéresse pas. Quand la sur-consommation et l’absence d’intérêt / de curiosité touche le tourisme, ces lieux uniques perdent de leur grandeur, de leur unicité.

Après cette nouvelle visite marquante, nous voici en route pour Page où nous mangerons avant de rejoindre notre motel. Petit clin d’œil du destin, nous dormirons dans la chambre 24 (les Périgourdins seraient presque à domicile ici). C’est pas beau ça de voir jusqu’où se portent parfois les attentions !!!! Mais l’Histoire de la Terre et du Vivant n’est-elle pas aussi le fruit d’une succession de hasards ?

Après un peu de repos, nous voilà repartis pour visiter le site de Horseshoes Bend. Du parking au site, il y a une petite marche à faire en partie dans le sable. Nous arrivons finalement tous les trois sur un bord de la falaise, où nous restons admiratifs quelques instants devant les monuments sculptés par le Colorado. Ce qui nous marque une fois de plus ici, c’est l’association d’une démesure des décors avec un panel de couleurs d’une incroyable diversité. Le génie humain devrait s’inspirer plus souvent du génie de la nature. Ils sont à ce jour en totale contradiction. Lorsque le premier fait l’apogée du temps court et des déséquilibres, le second sait que seuls la combinaison du temps long et de l’équilibre est durable. Il est surprenant d’entendre les plus optimistes penser que la technologie nous sortira toujours de nos mauvais pas, alors que cette dernière ne fait que s’inspirer de la Nature, sans jamais avoir su la surpasser. Peut-être est-il temps de s’inspirer de ses valeurs fondamentales y compris dans notre organisation en tant que société!

Sur ces belles pensées, nous décidons de partir admirer le coucher de soleil sur le lac Powell. Il fait doux, nous aurons du mal à repartir de ce lieu tellement sublimé par le jeu des nuages et du soleil avec l’eau et la matière.

Tant et si bien que nous nous y accrocherons jusqu’à l’obscurité. Nous regagnons la chambre 24 de notre motel, sans même avoir faim. Ce soir, grignotage  de ce que nous avons en réserve nous suffira une fois de plus.


Dimanche 16 Septembre (Parc National de Zion)

Frais et dispo après une bonne nuit, nous voilà sur le chemin du Parc National de Zion, situé dans l’Utah, célèbre pour ses canyons profonds creusés par la rivière Virgin. Après la traditionnelle photo devant le panneau d’entrée, nous pouvons déjà admirer les zébrures ou les plissements de la roche avant d’en contempler les couleurs. De nouveau, nous sommes face à une véritable œuvre d’art de la Nature, sculptée par elle pendant des dizaine de millions d’années. On ne se lasse pas du spectacle même lorsqu’il faut attendre pendant près de ¾ d’heure sous la chaleur, l’autorisation de passage alterné de l’interminable tunnel qui donne accès au Parc. On a bien compris à ce moment là, que nous étions dimanche !!!!

Amo a les infos, AG a repéré un resto. Dès le repas terminé, chacun se dirige vers son activité de l’AM. Amo part côtoyer les sommets avec une marche au dénivelé sévère.

Lorsqu’AG m’a montré l’endroit : je me suis dit qu’à sa place je serais morte avant d’être  tuée !!! mais il n’était pas seul à affronter ce défi.

Nous, nous prenons les schuttles pour s’arrêter aux points qui nous intéressent (cette organisation est parfaite) et on décide in fine de se rendre directement à la dernière station pour marcher une heure à une heure et demie, le long de la rivière. C’est très agréable, la faune est très riche dans ce parc mais pour ce qui nous concerne nous ne verrons que des écureuils et un cerf d’Amérique.

Nous redescendons par étapes, en nous arrêtant par ci, par là au gré de nos humeurs, entre autres, nous nous arrêtons au point d’où Amo est parti juste l’instant de constater l’état de ceux qui en redescendent et qui généralement sont heureux de s’engouffrer dans la navette !!!

Arrivés en bas, nous faisons un petit tour de boutique en attendant Amo, histoire de rapporter un petit souvenir. Ce sera un nouveau chapeau pour AG, attention un chapeau qui aère la tête cette fois-ci et tant qu’à faire, le cerveau, du moins espérons le !!!. Et ce sera un stylo pour moi.

Amo nous retrouve à l’heure du départ pour le camping retenu pour le soir. Il a toujours du jus et une belle énergie, d’autant que sur la montée il a croisé 2 gars qu’il avait connu à Montréal lorsqu’il y travaillait. Le monde est un village pour nos Jeunes. L’un d’eux travaille désormais à Bordeaux, l’autre à Vancouver. Ils sont en vacances dans un camping qui est à 10 mn du parc et sur la route du nôtre. Ils ont proposé à Amo de passer. Amo ne se fait pas prier et est heureux de ce nouvel hasard, lui qui était tout surpris ces derniers temps de n’avoir croisé personne qu’il connaissait depuis qu’il était entré aux Etats-Unis.

Après avoir posé Amo, nous partons nous restaurer dans le resto qu’il nous a indiqué et qui n’est qu’à quelques kms. Ambiance très western, ranch et vieux chariot en présentation à l’entrée, plats bien trop copieux pour un soir (hot dog pour AG et Amo à qui on emportera le plat, travers de porc pour moi, beans et frites pour chacun), il n’y a que nous 2 et un autre couple de jeunes. Il y a un vieux piano dans un coin, il est magnifique mais il est interdit d’y toucher. À 19H, sonne la fermeture et on est surpris par la nuit à la sortie. C’est complètement idiot mais il nous semble que le soleil se couche ici plus vite que chez nous !!!! Du moins c’est le ressenti que l’on en a (décalage horaire, oblige).

Après avoir récupéré Amo, nous arrivons enfin à notre camping vers 19h40 (tard aux US) en espérant qu’il y aura quelqu’un à l’accueil. Nous atteindrons notre place et après une bonne douche pourrons fermer les yeux, nous dans le van, Amo sous sa tente.


Lundi 17 Septembre (Las Vegas)

Aujourd’hui c’est direction Las Vegas et cela sent la fin du voyage. Aussi on profite pleinement de notre réveil, on s’attarde sur le paysage, on s’amuse de notre van au milieu des motorisés sophistiqués mais en attendant c’est le nôtre qui se fait remarquer et avec beaucoup de respect en plus dans les regards et les paroles de ceux qui nous ont abordés. On croit Amo dans sa tente, cela fait un moment qu’il n’est plus là et qu’il est allé profiter de la piscine. On profite de ce dernier petit déjeuner en pleine nature (il faut quand même que je décrive mon dernier petit déjeuner au van, avant celui-ci : la fin de la compote de pommes sur la dernière tranche de pain à l’ail !!!) (cocasse certes, mais en attendant rien ne se perd, rien ne se gaspille, car c’est bien connu, rien ne sert d’énoncer des principes si on n’est pas capable de les incarner. Il y en a 2 qui ont parfaitement retenu cela, à la maison et qui savent le rappeler en temps utile !!!).

On traîne encore pour ce départ, comme pour prolonger le temps de ce merveilleux séjour. Pas pressés de se retrouver en zone urbanisée, on décide de s’arracher à ce lieu entouré de paysages généreux par une route parallèle à l’autoroute. Mais nous sommes vite rattrapés par la vitesse et la civilisation.

Notre 1er contact avec Las Vegas sera une odeur de chimie, puis je ne sais pas par quel heureux hasard nous nous trouvons soudain derrière un gros camion chargé de bottes de foin qui nous replonge dans l’odeur agréable de nos racines et de la campagne. Situation totalement paradoxale mais parfaitement bienvenue. Malheureusement, il bifurquera avant d’entrer dans le trafic de la grande ville.

AG nous avait repéré un lieu pour faire un super repas. On fait un 1er tour de Las Vegas, qui est une ville assoupie le jour et pleine de vie la nuit. Voilà le casino. Des moquettes, du luxe, même l’Elysée ne doit pas être à ce niveau si l’on ne se tient qu’aux apparences. Le resto se gagne. Pas question d’y arriver sans passer devant les boutiques Chanel, Dior etcri etcra, puis  bien entendu, cela va sans dire, sans passer par la salle envahie de machines à sous, de roulettes, et que sais-je encore. Que faisons-nous échoués là ? dans ce monde irréel qui n’est pas la vraie vie ? il faut voir tous ces gens accrochés aux machines, complètement captivés par leur jeu et hors du temps, hors du monde. À chacun sa passion !!! mais ce que je retiens surtout c’est la vitesse à laquelle la machine avale les billets !!! Bien sûr, dans ce temple du jeu, les garçons sont tentés à s’essayer un coup mais il faut pour cela connaître un minimum les règles et ici la vitesse de jeu donne le tournis.  Amo se renseigne sur un ou 2 jeux, sur la roulette. In fine, il jouera à la sortie du resto 1 dollar sur une machine à sous, histoire de dire, et il perdra 1 dollar.

On arrive enfin au resto, mais la queue est tellement importante qu’il y a une heure d’attente. Décision unanime du trio, on est là, on y reste et de toute façon entre la bigarrure du flux et les nouvelles technologies, il y a matière à se distraire et à patienter.

Nous avons fait le bon choix, on est servi aux petits oignons et pour le buffet, on se sert autant que l’on veut. Nous n’avions jamais vu un buffet comme celui-ci, avec autant de choix. Autant dire que nous ne quitterons la salle que lorsque nos estomacs seront à saturation. Sûr que le repas du soir ne nous fera pas perdre de temps.

À la sortie, nous continuons notre tour de Las Vegas, ville complètement démente où se trouvent reconstitués, là un bout de Paris, plus loin un bout de New-York, puis un bout de Venise avec la place Saint Marc…. sans parler de la tour Trump, du Caesars Palace avec le Colosseum.

Nous regagnons l’hôtel, pour une tournée de lavage et un peu de repos. À la nuit tombée, nous reprenons le chemin du centre ville, et sortons respirer l’air de Las Vegas de nuit. Jamais nous n’avions vu un telle rotation d’hélicoptères au dessus d’une Ville. Tout est surréaliste, la foule, les éclairages qui mettent des étoiles dans les yeux des rares enfants croisés, le luxe, les limousines, les motos ou les voitures de sport qui se disputent par bruit de moteur interposé, le départ au feu vert. Cette ville est complètement crazy, on se pousse jusqu’au ballet des jeux d’eau musicaux du Bellagio et on retourne, lessivés, au parking sans même pénétrer dans un casino. Même si nous avons, nous aussi nos propres contradictions et si nous ne sommes pas toujours exemplaires, en matière d’environnement, je ne vois pas pourquoi, nous irions donner des sous à une ville qui assèche par tous ses excès le lac Powell et bien d’autres affluents ou cours d’eau.

En m’endormant, je repense au contraste entre notre arrivée à San francisco, où nous nous sommes pris en pleine face l’image de l’Amérique à 2 vitesses et notre départ de Las Vegas, avec tous ces billets engloutis par les machines. Ainsi va le monde.


Mardi 18 Septembre (Départ)

C’est le départ. Nous prenons le petit déjeuner tous les 3, puis nous quittons Amo non plus avec 1 chapeau mais 2 vissés sur nos têtes pour prendre la navette jusqu’à l’aéroport.
En salle d’embarquement à l’aéroport, nous recevons un coup de fil de Daniel écourté pour cause de grosse faim de Jean-Luc !!!! Ils en sont à 4 000 kms à moto, après l’Autriche et la Suisse ils en seront à 5 000  kms. Pas étonnant que notre Daniel soit tout emmêlé dans les Pays d’Europe traversés….

On a atterri de ce séjour, avec le sentiment d’avoir partagé avec Amo des moments exceptionnels, d’avoir eu la chance de l’avoir à nos côtés,  parfaitement bilingue, tout à fait dans son élément au milieu d’une Nature exceptionnelle à bien des égards et à l’aise avec les codes de cette Amérique qui n’est pas toujours facile à saisir pour nous les Occidentaux.
Nous revenons de ce voyage avec une grande  reconnaissance à tous ces cerveaux de Géants, à tous ces Hommes et ces Femmes de Science et de Conscience, qui nous permettent de comprendre ou tout au moins d’appréhender l’histoire de notre Terre et l’évolution du Vivant. Alors que par bien des aspects, l’Humanité est en train de foncer dans le mur en klaxonnant, on revient de tous ces lieux avec la conviction renforcée, que seules la Connaissance et la Beauté peuvent changer le Monde. 

5 commentaires sur “La parenthèse familiale hors norme”

  1. Fabuleux récit photos magnifiques. Le bonheur de moment de partzges en famille c’est beau !!! Bravo Amaury bonne continuation et fais nous rêver encore et encore gros bisous de ton ancienne copine collègue Carla !!

  2. Magnifiquement bien transcrit. C’est un plaisir de vous lire, et les photos savent parfaitement magnifier vos paroles et nous permettent de mettre des couleurs et des formes sur ces mots. A bientot Amo.

  3. Wow quelle beaux voyage en famille ………😍j’ai très hâte de partager c’est photos avec vous …….😉

  4. Vous êtes magnifiques !!! MERCI pour ces témoignages… Voyager dans vos récits c’est toujours l’assurance de grands moments. Hâte de vous faire des bisous pour vous remercier !!!

  5. Bravo et merci Nad, Ag et Amo de nous faire partager ce circuit que nous connaissons en partie. Quelle belle aventure en famille et vous en avez bien profité. Au plaisir de vous rencontrer Nad et AG et à bientôt Amo. Bizz

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *